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Un deux de pique
Il existe un nombre incalculable d’expressions québécoises pour d’écrire quelqu’un de stupide, de niais, de pas très intelligent.
There are countless Québécois expressions for describing someone as stupid, dim-witted, or not very smart.
On peut par exemple traiter quelqu’un d’épais, de cave, d’innocent, de cabochon, de niochon, ou sans-dessein.
For example: épais, cave, innocent, cabochon, niochon, or sans-dessein.
Aujourd’hui j’en rajoute une à cette liste de la honte: un deux de pique.
Today I’m adding one more to this list of shame: un deux de pique (a two of spades).
Le mot vient des jeux de cartes
Mais pourquoi un deux de pique serait stupide? Ma théorie est que dans plusieurs jeux de cartes simples, ce n’est pas une bonne carte à avoir.
The word comes from card games. But why would a two of spades be stupid? My theory is that in many simple card games, it’s not a good card to have.
Voici quelques exemples
C’est pas des deux de pique qui travaillent dans cette boite-là!
It’s not exactly the dumbest people working at that company!
JP, c’est pas un deux de pique, mais c’est pas non plus un génie!
JP isn’t exactly a genius, but he’s no complete idiot either!
Y’a pas mal de deux de pique qui donnent leur opinion sur Internet.
There are quite a few idiots giving their opinions on the Internet.
Est-ce qu’il y a trop de touristes à Montréal?
Aujourd’hui, j’aimerais vous parler d’un sujet qui me passionne, celui du surtourisme. On pourrait définir simplement ce terme par: Un excès de touristes à un endroit donné entraînant des effets négatifs pour les populations locales. Ce n’est pas la définition officielle, mais c’est la mienne et je crois qu’elle décrit bien ce phénomène.
Pourquoi ça me fascine? Parce que plus jeune, j’étais un grand voyageur. Et j’ai vu comment avec le temps le tourisme a pris une expansion délirante et comment il a détruit certains endroits que j’aimais. J’ai aussi moi-même remis en question mon mode de vie de voyageur en réduisant la fréquence de mes voyages et en choisissant mieux mes destinations et ma façon de voyager.
Voici quelques exemples.
Barcelone était une ville cool et rebelle vers la fin des années 90, et elle s’est transformée en exemple parfait du surtourisme, au point où les résidents ont commencé à manifester de façon originale en arrosant les touristes avec des pistolets à eau!
Bali est une île magique mais avec la sortie du livre Eat, Pray, Love, le surtourisme l’a tellement transformée qu’elle croule maintenant sous les déchets, la pollution et la destruction de ses milieux naturels.
Venise n’est plus une ville où les Vénitiens peuvent habiter. Le tourisme l’a convertie en Disneyland, détruisant son âme et forçant les habitants à aller habiter ailleurs.
Le Mexique vit actuellement une pénurie d’eau sans précédent. Mais pour alimenter la machine à tourisme, on construit un chemin de fer pour connecter les villes touristiques par train, en forant dans le sol et en contaminant un des plus grands réseaux souterrains d’eau potable au monde: celui des cenotes. Des villes entières sont désertées par la pénurie d’eau pendant que l’on construit des parcs aquatiques dans des hôtels.
Je pourrais enchaîner les exemples sans fin. Mais il y a aussi un autre sujet à aborder.
Les expats
Avant, il était assez rare de pouvoir travailler de n’importe où, par exemple en voyageant. J’ai commencé à faire ça très jeune, avant même que le mot digital nomad ne soit inventé. J’ai donc pu observer comment ce mode de vie auparavant très alternatif est devenu omniprésent.
Bien des gens pourraient vivre et travailler à peu près n’importe où dans le monde avec un simple visa de touriste et une connexion Internet.
Ces nouvelles possibilités ont fait que certaines grandes villes du monde ont attiré des communautés d’expats. C’est un terme que plusieurs trouvent un peu élitiste, car il se différencie de l’immigrant.
Mais l’expat, justement, n’a souvent aucune intention de vraiment habiter dans un pays.
Il profite simplement du fait que le coût de la vie y est plus bas. Il n’apprend pas la langue, ou la baragouine. Il fait augmenter les prix de l’immobilier en s’achetant des appartements de luxe et il ouvre des cafés avec des menus en anglais où les habitants ne peuvent pas se permettre d’aller. Le flat white à 5 euros a remplacé le café à 1 euro.
Dans des villes comme Lisbonne ou Mexico, on peut dire que plusieurs expats vivent dans une bulle et leur présence, avec celle de l’offre touristique abondante, a défiguré les quartiers centraux.
C’est pour cette raison que les centres-villes des grandes villes d’Europe commencent vraiment à tous se ressembler: les mêmes chaînes, des menus en anglais, et des expats blasés qui ne parlent pas un mot de la langue du pays.
Est-ce que j’exagère? Un peu, mais pas tellement.
Et Montréal dans tout ça?
Il y a quelque chose de très intéressant qui se passe à Montréal. C’est une ville très touristique mais qui ne subit pas les conséquences négatives associées au surtourisme et au phénomène des expats.
La plupart des Montréalais sont même fiers que leur ville soit populaire et trouvent que le tourisme est un facteur positif pour la ville. C’est ce que je crois aussi.
Les expats ne viendront pas!
Premièrement, il y a un élément clé qui va toujours rebuter les expats de ce monde et les empêcher de s’installer à Montréal: l’hiver.
Un expat veut des hivers agréables et un coût de la vie assez bas. Alors, pourquoi s’installer à Montréal et devoir passer à travers un hiver parmi les plus froids et durs au monde, quand on peut aller s’installer au soleil de Lisbonne?
De plus, les lois canadiennes ne sont pas très permissives et il n’y a pas vraiment de permis de travail facile à obtenir, ou de visa de retraité. Personne d’ailleurs ne vient prendre sa retraite au Canada!
Ça coûte cher et y fait frette!
Le tourisme à Montréal
Les gens visitent Montréal pour découvrir une ville vibrante. Il n’y a pas vraiment de grosses attractions touristiques qui attirent des hordes de touristes enragés, comme le Louvre à Paris ou le Colisée à Rome.
On vient à Montréal pour bien manger, pour aller voir des spectacles, pour découvrir la ville à vélo, etc. Et ça fait en sorte que les touristes sont moins concentrés à un seul endroit et vont plutôt explorer la ville au complet, au gré de leurs envies.
Il est clair qu’il y a des petits problèmes, comme ces ridicules boutiques dans le Vieux-Montréal qui vendent des souvenirs avec le mot tabarnak écrit dessus, les influenceurs qui envoient leurs fans au même restaurant pas bon et surcoté (simplement parce que le chef saupoudre du matcha ou je ne sais quoi sur une poutine peu ragoûteuse), ou bien des entrepreneurs peu scrupuleux qui louent illégalement des appartements sans fenêtre.
Mais bon, dans l’ensemble, ça se passe assez bien…
Venez donc faire un tour à Montréal. On va être content!
Dans un prochain balado, je vous donnerai des trucs pour un bon voyage à Montréal.
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