French With Frederic
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Why most Québécois don't feel Canadian
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Why most Québécois don't feel Canadian

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1. Ça me gosse

Gosser est un verbe québécois qui veut dire agacer ou déranger. On peut aussi dire que quelque chose est gossant, c’est-à-dire agaçant.

Gosser” is a Quebec French verb that means “to annoy” or “to bother.” You can also say that something is “gossant,” meaning “annoying.”

Au départ, gosser peut aussi voulait dire tailler un morceau de bois avec un couteau. Gosser peut donc aussi vouloir dire fabriquer ou réparer quelque chose à la main, approximativement.

Originally, “gosser” could also mean carving a piece of wood with a knife. “Gosser” can therefore also mean making or repairing something by hand, in a rough sort of way.

Le gossage est une perte de temps causée par quelqu’un de désorganisé, qui n’arrive pas à être efficace et fait perdre du temps à tout le monde.

“Gossage” refers to the wasted time caused by someone who is disorganized, unable to work efficiently, and ends up wasting everyone else’s time.

Ensuite, le mot les gosses n’a rien à voir avec le verbe gosser. On dit souvent qu’il faut faire très attention, car en France, ça veut dire les enfants et au Québec, les testicules! Mais concrètement, je n’ai jamais entendu parlé d’une situation où un sens a été pris pour un autre! En passant, le mot plus slang pour les enfants au Québec est les flos ou les kids.

Next, the word “les gosses” has nothing to do with the verb “gosser.” People often say you have to be very careful, because in France it means “children,” and in Quebec, “testicles”! But in reality, I’ve never heard of a situation where one meaning was mistaken for the other! By the way, the more colloquial term for children in Quebec is “les flos” or “les kids.”

Quelques exemples de gosser, gossant ou gossage et gosses

  • Hey ça me gosse un peu le bruit des travaux sur ma rue!

    • Hey, the noise from the construction on my street is really getting on my nerves!

  • Je me suis gossé une bibliothèque avec du bois que j’ai trouvé!

    • I built myself a bookshelf out of some wood I found!

  • Estie que t’es gossant avec tes histoires de pêche! Ça intéresse personne!

    • Man, you’re such a pain with all your fishing stories! Nobody cares!

  • Hey le site du gouvernement pour renouveler mon passeport! C’est juste du gossage inutile. Il devrait y avoir moyen de faire ça plus facilement!

    • Hey, the government website for renewing my passport! It’s just a huge hassle. There’s gotta be an easier way to do this!

  • J’ai mal aux gosses.

    • Do I need to translate this one for you?

2. Pourquoi les Québécois ne se considèrent-ils pas comme canadiens?

Quand je voyage à l’étranger, j’hésite souvent sur les mots que je vais utiliser quand on me demande d’où je viens.

  • En France, je dirais: “je suis québécois”. Les Français savent généralement que c’est une province canadienne où l’on parle français, même s’ils disent souvent, “ah, vous êtes canadien!”

  • Aux États-Unis, je dirais: “I’m French-Canadian”. Cette expression résume de façon simple l’identité québécoise!

Ailleurs, c’est plus compliqué, car les gens ne comprendront pas le mot canadien-français ou québécois.

Au Portugal, j’ai dit que j’étais “canadiano” – donc canadien – mais je rajoutais ensuite, presque comme une note d’explication, que j’étais d’une province où l’on parle français.

En espagnol, il m’arrive de dire, “soy de Montreal” - mais le problème est que la plupart du temps, les gens ne savent pas trop où c’est! Alors j’en reviens à l’explication comme quoi je suis canadien, mais de langue française, bla bla bla. Souvent, ça ne vaut même pas la peine de s’empêtrer dans une longue explication. Je suis gringo et voilà!

Dans le film Elvis Gratton, le réalisateur Pierre Falardeau s’est amusé avec cette incertitude identitaire qu’ont tous les Québécois.

Bob Gratton et sa femme Linda, dans l’avion, disent:

Moé, j’t’un Canadien québécois. Un Français, Canadien français… Un Amaricain du nord français… Un francophone québécois-canadien. Un Québécois d’expression canadienne-française… française. On est des Canadiens-Amaricains francophones d’Amérique du Nord! Des franco-Québécois... On est des franco-Canadiens du Québec. Des Québécois-Canadiens!

Je me sens un peu comme ça. Je suis un Québécois francophone qui habite à Montréal, mais oui, je parle anglais, mais ce n’est pas ma langue maternelle! D’ailleurs, mon espagnol n’est pas pire non plus! Et en passant, on parle français à Montréal, mais pas tout le monde. Bref, c’est compliqué!

Mon dilemme identitaire

Pour bien des Québécois francophones, être canadien ne représente pas une identité, mais plutôt un statut de citoyenneté.

Si je dis: Je suis canadien, je parle tout simplement de ma citoyenneté.

Mais quand les gens me posent la question d’où je viens, ils veulent savoir quelques informations: De quelle culture je viens? Est-ce qu’ils sont déjà allés dans mon pays? Quelle langue je parle?

Quand on répond: je suis canadien, il arrive souvent que l’autre personne dise quelque chose comme: “Ah, j’adore votre pays! Je suis déjà allé à Vancouver!”

Et à ce moment, on pense, avec une certaine tristesse: En fait non, tu n’as aucune idée d’où je viens, car Vancouver n’a rien à voir avec le Québec!

Pour les Américains, il est souvent plus facile de parler d’États que du pays, car tout le monde sait que les États-Unis sont un pays immense avec des différences énormes entre les États.

Quelqu’un pourrait dire: “Je viens de Hawaii!” et l’autre personne n’aurait jamais idée de répondre: “Ah, j’adore votre pays! Je suis déjà allé à Miami!”

Les gens s’énervent

Quand je parle de cette question identitaire, je reçois énormément de commentaires négatifs et de Quebec bashing.

Beaucoup de Canadiens anglophones s’énervent et disent: Le Québec fait partie du Canada! Vous n’êtes pas un pays, est-ce si difficile à comprendre?!

Il faut dire que certains Québécois francophones ne sentent pas cette appartenance au Québec et se définissent allégrement comme canadiens avant de se considérer comme Québécois. Mais honnêtement, je ne connais pas beaucoup de Québécois comme ça. La plupart se sentent plutôt québécois et non canadiens.

Peu importe, ici, c’est plus une question identitaire que factuelle. Je suis canadien car mon passeport le dit, mais je me sens québécois.

J’ai vécu à Vancouver et j’ai vécu à San Diego. Dans les deux cas, je sentais que j’habitais “à l’étranger”. Oui, le choc culturel était plus grand à San Diego, car j’avais très peu de références culturelles américaines profondes. Mais à Vancouver, j’ai aussi senti que j’étais très loin de chez moi.

D’où vient le mot québécois?

Historiquement, le mot canadien désignait les colons de la Nouvelle-France et leurs descendants. Donc, ironiquement, les premiers Canadiens parlaient français!

C’est seulement après la Conquête anglaise, au 18e siècle, que les anglophones se sont mis à s’identifier eux aussi comme Canadiens. Et puis, mes ancêtres ont commencé à se considérer comme canadiens-français.

C’est seulement dans les années 1960, pendant ce qu’on appelle la Révolution tranquille, qu’on a commencé à utiliser le mot québécois. C’était aussi en lien avec le mouvement nationaliste qui voulait faire du Québec un pays.

À l’époque, on a même enlevé le mot “province”. On a remplacé “province de/du Québec” par simplement “Québec” ou même “État du Québec”. Nos parcs sont devenus des parcs nationaux. Notre parlement est devenu l’Assemblée nationale. Et plus récemment, la ville de Québec est devenue la capitale nationale.

Pensez-y! Quelle autre province canadienne parle d’une capitale nationale qui n’est pas Ottawa?

En 2006, la Chambre des communes du Canada a officiellement reconnu que les Québécois forment “une nation au sein d’un Canada uni”. C’est une reconnaissance importante, mais dans la pratique, ça change quoi? Pas grand-chose.

Et la poutine dans tout ça?

J’en arrive à mon exemple préféré pour illustrer cette tension: la poutine.

Depuis quelques années, la poutine est de plus en plus représentée à l’étranger comme un plat canadien. On la voit dans des restaurants à New York, à Londres, à Tokyo, et souvent, elle est associée au Canada, pas au Québec. Et ça, ça nous gosse un peu. En ostie, même…

Pourquoi? Parce que la poutine est née au Québec, dans les années 1950, dans le Centre-du-Québec. C’est un plat profondément québécois, lié à l’histoire du Québec, à notre culture, à notre territoire. Et quand on la présente comme étant un plat canadien, on efface tout ce contexte.

Pour revenir à mon exemple préféré d’Hawaii, c’est comme si on disait que le poké est un “all-American dish, sans jamais mentionner Hawaii.

Le chercheur Fabien Ouellet a écrit un article là-dessus qui a beaucoup fait jaser. Il fait une comparaison intéressante avec la cuisine cajun, aux États-Unis. Personne ne dit que c’est de la cuisine américaine.

Le fond du problème

Ce n’est pas juste une question de poutine ou bien de l’usage du mot québécois. C’est une question de survie. Quand on dilue la culture québécoise dans une grande culture canadienne, on a l’impression de disparaître. On a l’impression que notre langue, notre culture et notre histoire s’effacent peu à peu.

Pis entre toé pis moé… si ta poutine est faite avec du cheddar râpé fondu…


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