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Pourquoi les Québécois n'aiment pas les Français
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Pourquoi les Québécois n'aiment pas les Français

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1. C’est BS!

Cette expression québécoise n’a pas des origines très nobles, mais il faut tout de même l’expliquer. Le mot BS, prononcé béesse, vient de bien-être social. À une certaine époque, il était très mal vu de recevoir de l’aide sociale (le bon mot à utiliser), c’est-à-dire un montant versé par l’État aux personnes qui n’ont pas ou très peu de revenus afin de couvrir leurs besoins essentiels.

This Québécois expression does not have very noble origins, but it still needs to be explained. The word BS, pronounced béesse, comes from bien-être social (social welfare). At one time, it was very frowned upon to receive aide sociale (the right word to use), i.e., money paid by the government to people who have little or no income to cover their basic needs.

  • Être sur le BS ou être un BS veut dire recevoir de l’aide sociale.

    • JP est su’le BS! Y fout rien depuis un an au moins.

    • C’est un maudit BS!

  • Dire que quelqu’un est BS peut être une insulte avec une forte charge de mépris social.

    • Ça c’est un immeuble de BS!

  • Et dire que quelque chose est BS peut simplement vouloir dire que c’est médiocre.

    • Hey son spectacle c’était vraiment BS!

    • Hey le resto c’était assez BS!

Pour les apprenants du français, cette expression est à éviter. Elle est trop familière et dangereuse. Cet article du Devoir explique à quel point l’expression peut être méprisante pour les personnes qui dépendent vraiment de l’aide sociale.

Quand on a grandi au Québec, il arrive qu’on s’amuse à utiliser cette expression dans des contextes très familiers et sans mauvaises intentions. Vous allez aussi l’entendre de temps en temps, et c’est pourquoi j’ai décidé de l’expliquer.

For French learners, this expression should be avoided. It is too colloquial and dangerous. This article from Le Devoir explains how derogatory the expression can be to people who truly depend on social assistance.

When you grow up in Quebec, you might use this expression in very familiar contexts without any bad intentions. You will also hear it from time to time, which is why I decided to explain it.

2. Pourquoi les Québécois n’aiment pas les Français

On dit qu’il y a une part de vérité derrière les stéréotypes. Ce sont de grossières généralisations, mais parfois, pas toujours, ils représentent tout haut ce que les gens pensent tout bas.

  • Les Américains adorent les armes. Pas tous, certes, pas même la majorité, mais il y a quand même un rapport particulier aux armes à feu dans ce pays.

  • Les Argentins mangent beaucoup de viande. Il y a sûrement des végétariens en Argentine, mais disons, sûrement moins qu’en Inde!

  • Les Québécois n’aiment pas les Français. Oh mais si! Comme diraient les Français. Nous vous aimons!

Les maudits Français

Les Québécois ont trouvé une expression pour parler du peuple français. Il n’y a aucune autre expression de ce genre en français québécois pour parler d’autres nationalités.

Les maudits Français!

D’ailleurs, un blogue de Français installés au Québec s’appelle justement Les Maudits Français.

Mais qu’est-ce qui se cache derrière cette animosité?

Que nous ont fait les Français, au juste?

C’est quoi notre problème, joualvert!

Voici une petite théorie, très personnelle.

Nous avons un complexe d’infériorité

Du point de vue linguistique, toutes les langues se valent. Mais les Français ont une relation plus ancienne et plus valorisée avec la langue écrite et le registre formel.

Les Français ne maîtrisent pas mieux le français que les Québécois. Il y a de sérieux problèmes de littératie en France, comme au Québec.

Mais, et c’est là où le bât blesse, au bout d’un parcours scolaire standard, les Québécois sont à la traîne.

Notre premier ministre (François Legault, qui vient de démissionner) s’exprime comme un mononcle bienveillant qui donnerait des conseils à un enfant de dix ans sur l’importance de bien attacher son casque de vélo.

Le président français s’exprime comme un homme d’État, solennel et éloquent. Qu’on l’aime où non est un autre débat.

Les Québécois ont une attitude anti-intellectuelle

En France, les gagnants des prix littéraires sont des vedettes. Ici, les gagnants des prix littéraires soupent au Kraft Dinner.

En France, il y a des philosophes qui passent à la télé. Ici, on a une École de l’humour où l’on apprend à faire des jokes de plottes, de graines pis de pets mouillés. Nos humoristes sont ceux et celles qui passent à la télé.

Les Français sont élitistes, les Québécois sont communautaires

Au Québec, on s’imagine que les classes sociales n’existent pas. On est soit riche, ou pauvre. La plupart des gens s’imaginent dans un vague entre-deux.

Dans les bas-fonds québécois se vautrent les BS, qu’on accuse de tous les maux de la société! Ostie de BS! Ceux qui demandent de l’aide sociale représentent la paresse et l’ignorance, et l’abus du système. (Pourtant, l’aide sociale est d’environ $1300 par mois, pas de quoi vivre dans la dignité).

On se méfie aussi des riches, sauf si ce sont des médecins spécialistes.

Au Québec, les “riches” s’achètent des gros chars, ils voyagent en Europe, ont des grosses cabanes et un chalet dans le Nord. Mais nos riches font aussi assez d’effort pour être des personnes ordinaires. Eux aussi, ils achètent leur steak et leurs chips chez Costco, et en sont fiers.

En France, on sent encore les relents des anciennes classes aristocratiques. La société y est fortement hiérarchisée, et chaque classe a ses codes et ses usages. La Révolution n’y a pas changé grand-chose.

Un exemple: Dites “bon appétit” avant le repas en France, on saura immédiatement à quelle classe sociale vous appartenez, et ce sera celle d’en bas en non celle d’en haut! (Les aristos ne disent pas bon appétit, car toute attention portée aux processus digestifs est jugée comme vulgaire).

Je généralise, mais le Québécois qui débarque en France passe pour un rustre, un barbare, et trouve à son tour les Français snobs, guindés et antipathiques.

Le Français qui débarque au Québec passe pour un snob hautain, et trouve les Québécois joyeux, un peu trop même, et n’arrive pas tout à fait à les prendre au sérieux.

Au fond, les deux groupes ne comprennent pas ce qui se cache derrière les codes sociaux, tellement ils leur semblent opaques.

Les Québécois ont une drôle de relation avec les Français, car nous nous rendons compte, avec surprise, que nous partageons la même langue (plus ou moins), mais à peu près rien d’autre.

On l’a dit avant moi, mais c’est tellement vrai: Les Québécois sont des Américains qui parlent français, plus que des Français en Amérique.

Par “américain” j’entends la culture commune à l’Amérique du Nord.

De mon côté, je plaide pour un rapprochement France-Québec!

Vocabulary

  • Joualvert! A Québécois swear word (but not very vulgar)

  • Là où le bât blesse. The real problem, the sticking point, or the core issue in a situation.

  • Les Québécois sont à la traîne. Quebecers are lagging behind; they are not keeping up compared to others.

  • Un mononcle. The Québécois word for uncle (literally: a myuncle). Also used to describe a stereotypical older man with outdated opinions or who makes awkward jokes.

  • Souper. In Quebec, the evening meal is souper, and in France it’s dîner. Same for the verbs.

  • Des jokes de plottes, de graines pis de pets mouillés. Ok, this is quite vulgar but also funny! I won’t translate everything here but I basically talked about stand-up comics who love to make “dick jokes” and the likes.

  • Une grosse cabane. A big house (maison).

  • Les aristos. Short for aristocrate.

  • Un rustre. A rude, uncouth, or ill-mannered person; someone lacking basic social refinement.

  • Guindé. Stiff, uptight, overly formal, or socially rigid; lacking ease or spontaneity.


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